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Tout ou presque a été dit sur Barack Hussein Obama II, ce jeune (47 ans) avocat afro-américain, sénateur de l’Illinois (vous savez, Chicago, la ville de Urgences et de Batman) qui vient d’être élu largement 44ème Président des Etats-Unis d’Amérique.
Toutefois, j’aimerais aller légèrement, et sans prétention aucune, un peu plus loin que le très médiatique « premier président de couleur ». Oui, nous le savons, la couleur de peau et les discriminations qui vont avec sont encore un sujet déterminant dans le pays de l’Oncle Sam mais nous, oui, nous, braves et fiers européens…n’avons-nous pas besoin de balayer devant notre porte avant d’encenser ou de critiquer une nation qui ne possède son visage actuel que depuis une cinquantaine d’année (21 août 1959 avec le rattachement d’Hawaï, 50ème état de l’union).
Alors ça y est, un noir (métisse) est élu président des Etats-Unis et c’est la révolution mondiale ?! C’est un bouleversement retentissant aux U.S.A, oui, c’est certain quand on sait qu’il y a encore 50 ans (tiens tiens…), les noirs étaient encore mis au ban de la société…et on ne parle même pas d’il y a 100 ans…
Mais le monde, comment se porte-t-il depuis ce mercredi 5 novembre, aux alentours de 5h du matin ? L’Afrique ne meurt-elle plus de faim et de maladie dans l’indifférence totale ? L’Europe n’est-elle pas engoncée dans une crise qu’elle n’a pas su/voulu voir venir ? L’Asie, ce cher continent que l’on croit limité à l’Inde, la Chine et au Japon ne crève-t-elle pas dans la misère et les guerres civiles ? Les glaces des pôles vont-elles cesser de fondre parce que Barack Obama a été élu président des Etats-Unis d’Amérique ?
Plus près de nous, les gens regarderont-ils les éboueurs de Paris, en majorité d’origine africaine, différemment ? Se diront-ils que parmi eux se cache un Barack Obama ? Les minorités qui veulent s’en sortir vont-elles être mieux considérées ?
Déjà les bienpenseurs clament à une Amérique en avance, ceux-là même qui hurlent comme des putois sur l’impérialisme globale de cette même amérique.
L’Amérique d’Obama, ce n’est pas uniquement celle qui a le « courage politique » de voter pour un black, de s’unir par millions derrière le charisme d’un noir. L’Amérique d’Obama, c’est aussi celle de McDonald, de Coca-Cola, de Microsoft, celle de la CIA, celle qui ne ratifie pas le protocole de Kyoto, celle de l’US Army, etc.
Il a promis le changement. Il a dit que ce serait long.
Pendant ce temps, que ferons-nous ? Nous contenterons-nous d’observer, passivement, la grande Amérique régner sur le monde comme elle le fait depuis 60 ans ? Ne devrions-nous pas, nous aussi, nous imposer un changement ?
Avant de penser à élire des gens issus de l’immigration, des minorités, des exclus, des personnes de couleurs, ne devrions-nous pas penser à élire des gens compétents ? Sans réfléchir à la couleur de leur peau ? Et si notre Barack Obama était jaune, gris ou blanc, serait-ce si différent ?
L’avenir d’un pays passe-t-il nécessairement par le préjugé ou y passe-t-il parce qu’on ne sait pas faire autrement ?
Si l’Europe est la mère des Nations, pourquoi cherche-t-elle à voir en l’Amérique un reflet flatteur ? Nous rêvons d’Amérique parce qu’elle n’est pas comme nous, elle a su s’affranchir de ses chaines avant le reste du monde, un beau jour de décembre 1773 avant de se forger le 4 juillet 1776 sa propre identité. Nous rêvons d’Amérique parce que nous vénérons, tout en la détestant (d’où le paradoxe européen), sa culture, depuis ses écrivains jusqu’à ses superproductions cinématographiques. De Billy the Kid à Neil Armstrong, de George Washington à un certain Barack Obama…
La France a son histoire, faite de rois, de crimes, de révoltes, d’immigrations… Elle a évolué, dans sa culture, dans sa population, dans ses attentes. La France n’a pas besoin de regarder ailleurs pour se comprendre, elle est riche de femmes et d’hommes qui ne demandent qu’à l’aimer et la chérir, qui ne demandent qu’à la servir au lieu de la diriger, qui ne demandent qu’à être considérés comme des individus et pas comme des voix électorales.
L’Amérique a amorcé son changement et son introspection par trois mots : Yes we can.